Un « roi-bourgeois » au Palais Royal de Séville

Au cours de la visite du Real Alcazar de Séville avec nos guides touristiques francophones officiels, les amis français intéressés à l’histoire de leur Pays pourront admirer la copie d’un portrait de Franz-Xaver Winterhalter (1805 – 1873), le portraitiste attitré du gotha européen durant le deuxième tiers du XIX siècle. Le titre est : « Louis-Philippe Ier, roi des Français et la Charte de 1830 » (1839).
Le protagoniste de la peinture est le dernier héritier des rois capétiens et avant-dernier souverain français, juste avant Napoléon III.  Premier prince du sang, c’était un homme d’esprit libéral qu’il accepta, à la suite de la Révolution des « Trois Glorieuses » de 1830 et après la chute de son cousin Charles X, dernier souverain de la branche aînée des Bourbons, le titre de « roi des Français ». Aux prises avec une agitation politique constante, il va introduire une monarchie constitutionnelle à l’anglaise, avec une seule ambition : la paix et la prospérité du Pays. En effet, Louis-Philippe d’Orléans (1773 – 1850) est le seul souverain français à n’avoir jamais engagé de guerre et il a réussi une inattendue « Entente cordiale » avec l’ennemie héréditaire, l’Angleterre. Il est souvent décrit comme un « roi-bourgeois » : son règne sera une longue période de paix et de relative prospérité économique durant laquelle, fait exceptionnel, n’apparaît aucun impôt nouveau !
À la suite de manœuvres politiques, l’opposition républicaine réussit à créer de nouvelles dissensions dans le pays. Enfermé dans ses certitudes et sourd aux nouvelles attentes des Français, le roi est renversé par une autre révolution en 1848 qui va permettre la proclamation de la IIe République, l’avènement du suffrage universel masculin et l’élection du premier président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte… futur empereur Napoléon III.         
Notre peinture, qui fait pendant avec celle de son épouse, « Marie-Amélie de Bourbon, princesse des Deux Siciles, reine des Français » (1842) se trouve dans le Real Alcazar parce que le dixième et dernier de leurs fils, Antoine, duc de Montpensier (1824 – 1890), en 1846 épousa Maria Luisa de Bourbon (1832 – 1897), sœur de la reine d’Espagne Isabel II. Le couple réside longtemps dans notre Palais Royal de Séville où naîtra, en 1848, leur fille ainée Marie-Isabelle (+1919), comme on peut lire dans une plaque d’une salle au rez-de-chaussée. Si vous voulez découvrir leur histoire, leurs secrets et curiosités… contactez-nous !

Un « roi-bourgeois » au Palais Royal de Séville